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Se battre contre les éléments puis lâcher

Parfois toute la volonté et l’énergie du monde n’y suffisent pas ! Faut-il se battre à l’infini ? Quand faut-il lâcher ? Comment prendre du recul et trouver des solutions ?

Cet été nous sommes allés en vacances sur la côte Basque, dans les Landes. Un petit coin de paradis. On en a donc profité pour nous essayer au surf. Cette expérience de glisse, au final motivante et enthousiasmante, s’est déroulée non sans accroc et remise en question. Avant de glisser, il s’en passe des choses entre la vague et moi. Retour sur mon ressenti, un joli clin d’oeil à la vie.

Le surf m’a vidé; les vagues m’ont nettoyée, tourneboulée, lavée de l’intérieur (nez et poumon compris) ?

Avancer dans l’eau avec la planche de surf à côté de moi ou en la tirant par le Lynch, c’est une chose. Cela semble très facile de l’extérieur.

C’était sans compter le courant et la force des vagues qui arrivent et de celles qui se retirent. Je pouvais donc à peine marcher contre ce courant, je faisais trois pas en avant avec toute la force et la volonté du monde pour lever les yeux sur la vague suivante déboulant sur moi. Elle est là, elle arrive avec une telle violence, à un mètre de moi, plus haute que moi d’au moins 70cm… juste le temps de respirer et fermer les yeux. Le moniteur de surf avec toute sa zénitude, son expérience et son mètre quatre-vingt nous conseille de sauter ou de passer dessous. Vu ma taille, rien ne servait de sauter. Je me la prends en pleine face et je recule plus loin.

Cette force, violente, je l’ai ressentie comme une agression.

J’en avais même peur. Alors que Cédric et Lucas avaient le sourire aux lèvres. Et pourtant, je veux y retourner, je veux glisser, je veux surfer ou plutôt tenter de surfer ces mousses. Je veux arriver à me lever de la planche, à surfer la vague, à glisser sur la vie.

Avec la meilleure volonté du monde…

C’est un combat entre la vague et moi; ou je fléchis sous la force de la vague ou je gagne et arrive à rejoindre le bon endroit. Avance, bois la tasse, sèche tes yeux, respire, bats-toi, ferme les yeux, laisse-toi tirer en arrière, reprends tes esprits, avance : marche ou crève.

Il m’en aura fallu du temps pour comprendre que rien ne sert de la regarder droit dans les yeux pour l’affronter. Persévérance, patience, indulgence, rien n’y fait … moi qui déteste mettre la tête sous l’eau… je fais le point et le poing dans mon maillot de bain !

… Parfois inutile de se battre !

Épuisée, lavée, rincée, vidée, dents serrées et pourtant il est bien plus de minuit lorsque j’écris ces mots : je ne dors pas. La vague m’a chamboulée.

Reste un sentiment de bien-être total, agrémenter de quelques petites sensations de glisse, couronné d’un écoeurement de la violence des vagues, du dégout d’être trop petite, de reculer plus que je n’avançais, de me sentir impuissante et de continuer malgré tout le combat contre les éléments. J’avais en face quelqu’un de plus fort que moi, quelque chose qui me tenait tête … Enfin ça me manquait ✨

Je cogite sur ce ressenti.

Dans ces vagues avec le courant et la force de la marée, je ne maitrisais rien. Chercher tes pas, m’accrocher à ma planche. Avancer du mieux que je peux, lutter contre le courant, le sentir emporter mes jambes. Je ne pense à rien, juste à sortir d’ici pour rejoindre la mousse, arriver à grimper et choper cette p’tain d’vague. Nage, pousse sur tes bras, lève-toi ! Ressens les vagues, la mer, le bon moment ! Sois 100% dans ton ressenti, 100% avec la vague. L’énergie est là dans ce moment, dans cet instant. Wouah!

Et je respire, une fois, deux fois, trois fois, je sens le calme me gagner. Minuit trente, je m’apaise.

Sur le moment, autant je ressentais un dégoût profond de devoir mettre une telle énergie pour m’essayer à glisser, autant je n’aurais pu lâcher tellement j’étais obnubilée par réussir! À aucun moment, je n’ai pu prendre le recul pour penser différemment et surtout agir autrement.

… recule et trouve la solution, si simple évidemment!

Alors que j’avais 2 autres solutions : passer en dessous ou sortir de l’eau pour contourner le courant et revenir par le côté comme une fleur (ou presque).

Respirer, penser et agir différemment

Jusqu’où faut-il garder le contrôle ? À quel moment faut-il lâcher ? Quand rien ne va plus ? Quand on est au bout du rouleau ? Quand reconnaître le moment fatidique ? Combien de fois tomber pour se relever et recommencer avant d’apprendre ?

Quand je regarde mes genoux, je me dis que j’ai bien dû tomber plus d’une fois avant de savoir marcher, courir et faire du vélo.

Quand je repense à mes derniers mois de vie professionnelle, lorsque j’ai pu prendre du recul, marcher et respirer, ne serait-ce que 30 minutes, les solutions me sont apparues comme par enchantement. Et Oh Miracle! Durant ce laps de temps où je n’étais pas scotchée à mon ordi ou mon mobile, la terre ne s’est pas arrêtée de tourner et je n’ai rien manqué!

Alors, savez-vous quel est le bon moment pour lâcher ?

PS :  je vous rassure, ma seconde expérience de surf a été un pur bonheur. Pas de contre-courant qui m’emportait, des vagues moins violentes et donc des mousses moins énergiques et plus de difficultés à trouver un équilibre et à prendre cette fameuse vitesse pour se lever… Toujours est-il qu’on va y revenir, tous les 3, on a simplement adoré !

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